Thérapie Brève

Psychothérapie systémique à Lyon

Histoire de la Thérapie Brève Systémique

Rédigé par Therapie Brève
La thérapie brève et stratégique tente de définir le problème que vous rencontrez en termes concrets et non pas abstraits, il en va de même des objectifs à atteindre. Dans cet article nous tâchons de vous faire une retrospective sur l'histoire de la Thérapie Brève Systémique. Des son développement par Milton Eriksson et par l'école de Palo Alto, jusqu'à ses évolutions ...

Introduction et définitions

Les Thérapies systémiques s’appuient sur la notion de système : « ensemble d’éléments en interaction tels qu’une modification quelconque de l’un deux entraîne une modification de tous les autres ».

 

Dans ce cadre, la maladie mentale n’est plus considérée comme la conséquence d’un psychisme perturbé, mais comme un trouble de la communication au sein d'un système (famille, couple, entreprise,...). Celle-ci est considérée comme un système homéostatique dans lequel le trouble d’un membre tend à préserver l’équilibre. Il va donc s’agir pour le thérapeute de faire retrouver au système un autre équilibre et une réorganisation du système en l’absence de désordre psychopathologique. Le système peut être constitué de la personne et de ses valeurs, croyances, de sa vision du monde pour les symptômes "individuels".

 

Cette nouvelle approche découle des travaux novateurs de Gregory Bateson (1904-1980), systématisés et prolongés par Paul Watzlawick et ses collègues du Mental Research Institute (MRI), au sein de ce que l’on a appelé l’Ecole de Palo Alto (à partir de 1952).

 

Définition de l’Ecole de Palo Alto :

Désigne un groupe de chercheurs d’origines scientifiques diverses qui, a un moment donné de leur activité, ont travaillé à Palo Alto, petite ville de la banlieue de San Francisco. Bateson, le fondateur du groupe y travaille à partir de 1945, dans l’hôpital psychiatrique de la Veterans Administration.

Cette appellation recouvre en réalité deux groupes qui vont travailler en parallèle avec continuité et divergence. Le premier autour de Bateson et de sa théorie de la communication («double-bind») en lien avec la cybernétique, les méthodes de Milton Erickson et les diagnostiques brillants de Don Jackson, entre 1952 et 1962. Le second groupe avec la création du MRI en 1959 par Jackson, l’arrivée de Watzlawick en 1962 et ses travaux sur l’homéostasie familiale.

 

Le Mental Research Institute (depuis 1958)

La mise au point de la thérapie familiale systémique

Les objectifs : appliquer les découvertes du domaine de la communication au domaine de la psychothérapie. Ces travaux s’appuient sur les concepts de double-bind et de l’homéostasie familiale.

L’équipe : Jackson, le psychiatre RUSKIN et la psychologue Virginia SATIR spécialisée dans les thérapies familiales. Ils seront rejoint en 1962 par Paul WATZLAWICK qui donnera au MRI son rayonnement international. A la fin du projet Bateson, Weakland et Haley rejoignent à leur tour le MRI où ils essayerons d’extraire une méthode à partir de la pratique intuitive d’Erickson.
Enfin en 1967 le psychiatre FISCH rejoint le MRI où il fondera le Brief Therapy Center.

 

Les travaux : le MRI met au point le dispositif de thérapie familiale systémique : cette approche postule que lorsqu’un individu est considéré comme malade dans une famille, il est en fait la victime d’un système familial pathologique.

En 1962, Virginia Satir met en place la première formation à la thérapie familiale systémique.

Le MRI publie la revue Family process.

Dans le cadre de la thérapie systémique, Watzlawick essaye d’abord de systématiser l’entretien autour de tâches bien définies (exemple : l’explication de l’aphorisme « pierre qui roule n’amasse pas mousse » par les parents à leurs enfants.)

Comme c’est un échec il décide d’analyser les techniques thérapeutiques intuitives de Don Jackson et d’Erickson. Le MRI occupe désormais une des premières places dans le nouveau développement de la psychiatrie.

 

Le Brief Therapy Center (depuis 1967)

Cette clinique psychothérapeutique est fondée par Richard Fisch, épaulé par Watzlawick, Weakland et un jeune psychologue Arthur BODIN.

L’objectif : il s’agit de rendre parfaitement rationnel et dès lors adoptable par d’autres les diagnostics et les tactiques. En 1963, Haley publie Strategies of psychotherapy.

 

La question essentielle devient : comment peut-on modifier les règles d'un système pour faire en sorte que le symptôme porté par l’un de ses membres disparaisse. Sous l’influence d’Erickson la stratégie de changement se base sur l’attitude interventionniste du thérapeute.

Le thérapeute se focalise sur la situation présente plutôt que sur le passé et utilise le langage injonctif et les techniques paradoxales comme outils de changement privilégiés.

Le BTC a quelques patients mais est surtout un lieu de recherche appliquant les techniques de Jackson et Erickson dans le cadre d’une thérapie volontairement restreinte dans le temps.

 

De nos jours, l'Europe à pris la relève du MRI.

En Europe c'est en Belgique, à Liège que c'est installé le représentant francophone officiel du MRI ; le célèbre Institut Gregory Bateson (IGB).

Fondé par Jean-Jacques Wittezaele et Thérésa Garcia, ils vont être le fer de lance de l'approche en continuant à développer les concepts du MRI.

Ces idées systémiques sont introduites aussi en Italie, à Arezzo, par Giorgio Nardone et son Centre de Thérapie Stratégique (CTS)

En France la forte implantation de la psychanalyse a entraîné une réinterprétation de la thérapie à travers les concepts et les règles de la thérapie Freudienne. Ces deux approches dialoguent et s’affrontent. Le premier congrès international du MRI a lieu à Nice en 1982. Tandis qu’à Toulouse en 1983 se tient le premier congrès de thérapie familiale psychanalytique.